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All translations by the author unless otherwise indicated.
1. See particularly Geneviève Lacambre et al., Gustave
Moreau: Between Epic and Dream, exh. cat. (Chicago: Art Institute
of Chicago; Paris: La Réunion des musées nationaux,
1998), and Peter Cooke, Gustave Moreau et les arts jumeaux: Peinture
et littérature au dix-neuvième siècle (New
York: Peter Lang, 2003).
2. See the introductory chapter of my doctoral dissertation, "Gustave
Moreau (18261898) and the Afterlife of French History Painting"
(Princeton University, 2007), especially 1335.
3. See Peter Cooke's excellent essay, "Gustave Moreau's Oedipus
and the Sphinx: Archaism, Temptation and the Nude at the Salon
of 1864," The Burlington Magazine 146, no. 1218 (September
2004): 60915. Prior to the appearance of Cooke's essay, I
had developed the germ of the present argument in a seminar paper
written in the fall of 2001 in Princeton for Alastair Wright, a
paper which in turn led to a conference paper entitled "Confronting
the Sphinx of Tradition: Gustave Moreau's Oedipus in 1864,"
which I presented in early 2004 at a graduate student symposium
hosted by the Art & Archeology Department in Princeton and then
at the Frick Collection during a graduate student symposium organized
by New York University's Institute of Fine Arts.
4. Jean Rousseau, "Salon de 1864," L'Univers illustré,
May 14, 1864, 307 ["Du premier coup, il passe au premier rang"].
5. Moreau had exhibited, with little critical success, in the Salons
of 1852 and 1853 and the Exposition Universelle of 1855. He was
accused by some of being a mere pasticheur of Delacroix and
Chassériau, criticism which likely contributed to his resolve
to retreat from public exhibitions and ground his practice more
solidly through the study of antique and Renaissance models in Italy.
6. Amédée Cantaloube, "Salon de 1864,"
Nouvelle revue de Paris 2 (1864): 611 ["il est certain
qu'elle a son importance …, et qu'elle vient fort à
propos à un moment où, pour cause, soit de légèreté,
soit d'indifférence, la peinture du style était à
peu près abandonnée"].
7. Ernest Chesneau, "Salon de 1864," Le Constitutionnel,
May 3, 1864 ["cette œuvre sortie tout entière du
cerveau de l'artiste"].
8. Francis Aubert, "Salon de 1864," Le Pays, June
13, 1864 ["L'unité de la pensée et celle de la
forme, la fusion intime des éléments spirituel et
matériel"].
9. Maxime Du Camp, Le Salon de 1864 (Paris: Revue des deux
mondes, 1864), 32, 35 ["voici enfin une œuvre où
la pensée est égale à l'exécution";
"à idéaliser un art matériel par son essence
même"].
10. Cantaloube, Nouvelle revue de Paris, (1864): 606 ["elle
unit l'idée plastique à un problème moral;
n'est-ce point le but le plus élevé de l'art?"]
11. Chesneau, Le Constitutionnel, ["belle académie"].
It should be recalled that Ingres' painting, executed in Rome as
one of his required envois to the Academy, had as its explicit purpose
the display of mastery in painting the male nude, hence Oedipus'
central placement in the composition and the relegation of the sphinx
to the shadows. The painting's narrative and dramatic ambitions,
however, are typical of the liberties that Jacques-Louis David's
students had been taking for some two decades in aspiring to elevate
the exercise of the académie to the level of history
painting.
12. Jean Rousseau, "Salon de 1864," Le Figaro,
May 19, 1864 ["M. Moreau a compris son sujet mythologique dans
toutes ses profondeurs; il a vu le symbole caché dans la
fable"].
13. C. de Sault, Le Temps, May 12, 1864 ["À
M. Ingres les beautés de la forme antique, à M. Moreau
le sentiment poétique et l'esprit de la légende"].
14. Gustave Moreau, Écrits sur l'art, ed. Peter Cooke,
2 vols. (Fontfroide: Bibliothèque artistique & littéraire,
2002), 1:73 ["Le peintre suppose l'homme, arrivé à
l'heure grave et sévère de la vie, se trouvant en
présence de l'énigme éternelle. Elle le presse
et l'étreint sous sa griffe terrible. Mais le voyageur, fier
et tranquille dans sa force morale, la regarde sans trembler. C'est
la Chimère terrestre, vile comme la matière, attractive
comme elle, représentée [par] cette tête charmante
de la femme, avec les ailes encore prometteuses de l'idéal
et le corps du monstre, du carnassier qui déchire et anéantit"].
15. See Gilbert Lascault, Le Monstre dans l'art occidental
(Paris: Klincksieck, 1973), 36790.
16. As Chesneau asked rhetorically: "l'énigme que pose
cette figure blonde, insaisissable en sa légèreté,
n'est-ce pas l'énigme de la femme elle-même?"
Le Constitutionnel, May 3, 1864. Citing her diadem and red
coral necklace, Du Camp noted how the sphinx was armed with "toutes
les coquetteries de la femme." Salon de 1864, 33. Georges
Lafenestre likened her to "une courtisane coquette et cruelle,"
in "La Peinture et la Sculpture au Salon de 1864," Revue
contemporaine, 2nd ser., 39 (MayJune 1864), 348. Albert
de la Fizelière described her "tête de grisette,"
in his "Salon de 1864," L'Union des arts, no. 21
(June 18, 1864). Paul de Saint-Victor similarly described that head
as "celle d'une lorette intriguant au bal." "Salon
de 1864," La Presse, May 7, 1864.
17. For an interesting discussion of Moreau's composition in relation
to the ancient Greek iconography of the sexually-predatory sphinx,
with which Moreau seems to have been familiar through vase painting
and gems, see M. Halm Tisserant, "La sphinx amoureuse: Un schéma
grec dans l'oeuvre de G. Moreau," Revue des Archéologues
et des Historiens d'Art de Louvain 14 (1981): 3070.
18. As Moreau wrote to his parents from Rome on December 26, 1857:
"C'est ici la patrie du labeur et de la pensée, c'est
bien entendu; aussi, pour moi, moins de monde que jamais, nous vivons
comme deux cénobites et [Frédéric] de Courcy
ne s'en plaint pas. La pensée, l'âme s'agrandissent,
on aime mieux et plus fortement tout ce qui est beau et bon, et
l'on serait certes entraîné à faire de grands
sacrifices de bien-être et de jouissances matérielles
sous l'impression et l'impulsion que vous donnent toutes ces grandes
choses mortes qui vous entourent." See Gustave Moreau: Correspondance
d'Italie, ed. Luisa Capodieci (Paris: Somogy Éditions
d'Art, 2002), 159.
19. On the monastic ideal of art-making cultivated by the Nazarenes,
see Mitchell Benjamin Frank, German Romantic Painting Redefined:
Nazarene Tradition and the Narratives of Romanticism (Burlington,
VT: Ashgate, 2001), 1135.
20. This line of interpretation has been suggested by several Moreau
scholars. See Julius Kaplan, Gustave Moreau, exh. cat. (Los
Angeles: Los Angeles County Museum of Art, 1974), 22; and Cooke,
"Oedipus and the Sphinx,"60915.
21. See Cooke, "Oedipus and the Sphinx," 61112.
As P. Challemel-Lacour asked, for instance: "la figure du héros,
émaciée et grêle,… la peau par cheminée,
plissée comme par une vieillesse précoce, le visage
macéré, ne sont-ils pas d'un jeune ascète de
la Thébaïde plutôt qu'ils ne rappellent la bouillante
ardeur du jeune téméraire qui, tout à l'heure,
parce qu'un roi lui disputera le chemin, va le tuer et disperser
son cortège?" "Le Salon de 1864," Revue
germanique et française 29, no. 3 (June 1, 1864): 532.
22. La Fizelière, L'Union des arts, June 18, 1864
["Son Œdipe n'est pas grec; il ne l'est ni par
le type, ni par l'expression ascétique des traits. Je me
figure qu'il a voulu personnifier ici la lutte de la raison et de
la morale contre les passions humaines et l'excitation des sens"].
23. D. Laverdant, "Esprit du Salon de 1864Contre le
Sphinx et Satan, pour Jésus-Christ, la Vierge-Mère
et le paradis," Le Mémorial catholique, n.s.,
5 (August 1864): 3089 ["Quelle est cette énigme
de la vie que l'homme païen croit pouvoir résoudre pour
son salut et a sa plus grande gloire? C'est, comme nous l'avons
lu dans les anciens mythes, c'est, admirablement poétisée
par le peintre, la triple concupiscence, sous figure féminine,
tentatrice de l'homme. La Sphinx … rampe dans le sensualisme
animal, et … participe à l'orgueil et aux illusions
de Satan"].
24. In a draft of a letter to Eugène Lacheurié, written
in late April 1859 in Rome, Moreau speaks of a need to attain "perfection
morale" and "vertu pure" by ridding oneself "de
besoins et d'appétits vulgaires." As he writes of this
spiritual odyssey: "Que l'amour de l'art, que cette recherché
sérieuse et élevée de chaque minute …
me soutienne pour m'aider à gravir la montagne escarpée."
Correspondance d'Italie, 507, 508.
25. Cooke, "Oedipus and the Sphinx," 61213; For
an overview of this temptation iconography in the nineteenth century,
see Michele Haddad, "Isabey, Flaubert et la Tentation de saint
Antoine dans la peinture française du XIXe siècle,"
Revue du Louvre et des musées de France 39, no. 4
(1989): 25361.
26. See Cooke, "Oedipus and the Sphinx," passim.
27. Ibid. Key texts here were Alexis-François Rio's De
la Poésie chrétienne dans son principe, dans sa matière
et dans ses formes (Paris : Debécourt, 1836), and his
subsequent De l'Art chrétien (Paris: A. Bray, 1855;
rev. ed. 186167). For a summary of these revisionist Christian
historiographies of Renaissance art in the mid-nineteenth century,
see Bruno Foucart, Le renouveau de la peinture religieuse en
France (18001860) (Paris: Arthena, 1987), 2542.
28. Du Camp wrote, for example: "il sait que rien, si ce n'est
sa propre force intellectuelle, ne peut le sauver." He likewise
recognized in Moreau's treatment of the hero "tous les signes
de la force morale qui se nourrit exclusivement de sa propre substance,
toujours renouvelée par le travail de la pensée."
Salon de 1864, 32. Laverdant likewise saw in Oedipus an "idéal
de la force intellectuelle" and characterized his head as being
that "d'un puissant penseur." Le Mémorial catholique
(August 1864): 311. And Sault declared: "l'Œdipe de M.
Moreau … a la noblesse de la race et celle de l'intelligence:
il a la force de l'âme, mais non la force brutale d'Hercule."
Le Temps, May 12, 1864.
29. Chesneau, Le Constitutionnel, May 3, 1864 ["Tous
les détails, leur forme et leur disposition aussi bien que
la combinaison générale du tableau, ont été
médités, réfléchis et posés avec
intention. Chaque morceau de l'œuvre, du plus petit au plus
grand, a été sérieusement voulu"].
30. Du Camp, Salon de 1864, 32 ["M. Moreau n'a rien
abandonné au hasard: tout ce qu'il a fait, il l'a voulu faire
ainsi. Chaque partie de son tableau est raisonnée et pondérée
avec un souci sérieux"].
31. Saint-Victor, La Presse, May 7, 1864 ["Tout est
concerté et préméditée dans l'œuvre
de M. Moreau: pas un trait inutile, pas un détail que ne
marque l'empreinte de la réflexion"].
32. Jean Rousseau, L'Univers illustré, June 18, 1864,
387 ["l'œuvre d'un penseur"]. For further discussion
of the eminently willed character detected by critics in
Moreau's painting, see Michael Fried, Manet's Modernism or, The
Face of Painting in the 1860s (Chicago and London: University
of Chicago Press, 1996), 30910.
33. As Moreau wrote to Eugène Fromentin on October 18, 1862:
"Je m'occupe sérieusement depuis quinze jours de cet
Œdipe. Je dois dire que devant un travail semblable, j'ai plutôt
trop de défiance que de confiance en moi. J'ose à
peine marcher. J'ai pris un carton grandeur d'exécution,
achève le plus possible d'après nature, et pour la
millionième fois de ma vie je me promets…de ne pas
commencer avant que tout, jusqu'au moindre brin d'herbe, ne soit
définitivement arreté." Barbara Wright &
Pierre Moisy, eds., Gustave Moreau et Eugène Fromentin:
Documents inédits (La Rochelle: Quartier Latin, 1972),
138.
34. In a letter to Eugène Lacheurié dated June 29,
1858, Moreau associated the artist's need to renounce the exterior
pleasures of worldly life with the exacting demands of his metier:
"Je crains de paraître singulier et d'attrister, sinon
d'étonner un peu ces chers parents. C'est bien fini, me voilà
peintre et entré jusqu'au col dans les exigences de ce métier
féroce. Je vais vivre désormais et pour longtemps
seul dans la réclusion la plus complète. Cet apprentissage
m'aura enlevé, ou au moins endormi ces quelques derniers
appétits pour le plaisir et pour le monde; c'est triste à
en mourir." Capodieci, Correspondance d'Italie, 406.
35. On April 3, 1856, Moreau had written to Fromentin with regard
to a mutual friend: "Toutefois, il ne me semble pas assez redouter
le moment où il faudra lutter corps à corps avec une
œuvre, pour que je ne craigne pas parfois qu'il ne se fasse
quelqu'illusion sur l'immense difficulté de la réalisation
de cette œuvre, et des procédés très importants
pour cette réalisation." In Wright & Moisy, Moreau
et Fromentin, 72.
36. Écrits 1: 73 ["Voyageur à l'heure
sévère et mystérieuse de la vie, l'homme rencontre
l'énigme éternelle qui le presse et le meurtrit. Mais
l'âme (forte) et ferme défie les atteintes enivrantes
et brutales de la matière et, la foulant au pied, l'homme
marche confiant, l'œil sur l'idéal…. Mais ferme
et plein de force, il défie, etc., etc., et l'ayant foulé
aux pieds, il marche confiant vers son but, l'œil fixé
vers l'idéal"].
37. Henri Dorra intimated such a reading, but did not pursue it
at length or acknowledge the interesting contradictions it posed
for the allegorical interpretation of the painting. See "The
Guesser Guessed: Gustave Moreau's Oedipus," Gazette
des Beaux-Arts, 6th per., 81, no. 1250 (March 1973): 134.
38. He wrote, for instance, to Amédée Cantaloube
from Venice in November 1858: "Vous me parlez, mon cher ami,
de place à prendre et de lauriers à cueillir. Merci
de vos espérances et de vos vœux pour moi; mais tout
ceci, je vous assure, n'est pas mon affaire. Je ne saurais plus,
à l'heure qu'il est, songer à autre chose qu'à
étudier sans cesse et à faire du mieux qu'il m'est
possible, mais j'ai renoncé, je vous jure, à toute
pensée de succès. C'est à cette condition seule
que je puis m'en faire quelque chose." Capodieci, Correspondance
d'Italie, 466.
39. Arsène Houssaye, L'Histoire de l'art français
au dix-huitième siècle (Paris: H. Plon, 1860),
9 ["Le sentiment du Beau est un sentiment profondément
humain: c'est l'aspiration vers l'infini, c'est le rêve de
l'amour et de la poésie. Celui-là est indigne de l'Art
qui cherche le Beau dans les livres; il ne sera jamais l'interprète
de Dieu et de la nature, si, comme Œdipe au sphinx, il n'arrache
à son cœur le mot de l'énigme"].
40. Alfred Nettement, Poètes et artistes contemporains
(Paris: J. Lecoffre, 1862), 18 ["Il a découvert, comme
un autre Oedipe, le mot de cette énigme redoutable que lui
posait le Sphinx"].
41. Saint-Victor, La Presse, May 7, 1864 ["Il voyageait
en Italie, cherchant sa voie, fréquentant les maîtres,
interrogeant les oracles. Il nous revient aujourd'hui avec un tableau
qui résume ces dix années d'initiation solitaire:
Œdipe et le Sphynx"].
42. Du Camp, Salon de 1864, 28 ["Il est naturel aussi
qu'un peintre amoureux ... d'art et de beauté, ne trouvant
dans les exemples qu'il avait sous les yeux rien qui put le conduire
au but qu'il entrevoyait, se soit retourné violemment vers
les anciens maîtres et se soit penché sur les sources
mêmes de la tradition plastique pour découvrir le mot
de l'énigme qu'il interrogeait vainement de nos jours"].
43. Hector de Callias, "Salon de 1864," L'Artiste,
8th ser., 4, no. 10 (May 15, 1864): 219 ["Moreau s'est trouvé
... pensif sur le bord de chemin, apercevant au loin l'impériale
et lumineuse cité dont tout le monde ne peut pas être
citoyen. Il a su qu'avant tout, pour arriver à cet Olympe,
il faut ne pas se mêler à la foule, et il a cherché
les sentiers écartés de la méditation. Pour
guider ses premiers pas dans cette route dangereuse, il a fait choix
d'un maître." "…les austérités
et les caprices des premiers maîtres italiens, qui se trouvaient,
comme Oedipe et comme M. Gustave Moreau, devant l'énigme
du Sphinx"].
44. P.-C. Parent, Courrier artistique (May 15, 1864): 189
["M. Moreau, qui, après avoir brillamment imité
Delacroix, a disparu dix ans pour aller déterrer Mantegna,
n'a-t-il pas en effet exposé là tout entière
son âme hésitante? Sont-ce point ses aspirations, ses
inquiétudes, ses recherches, sa fièvre, qu'il nous
a racontées? L'audacieux chercheur que nous voyons, est-ce
bien Œdipe et n'est-ce point plutôt un artiste torturé
par le grand problème de l'art dont il cherche la solution?
Ce silence solennel, cette fatalité mélancolique qui
entourent le fils de Laïus ne sont-ils pas des impressions
personnelles? Le héros, en un mot, n'est-il point ici l'auteur"].
45. Chesneau, Le Constitutionnel, May 3, 1864 ["en
homme et non en enfant, il a regardé les maîtres non
à genoux, comme un disciple, mais face à face"].
46. Amédée Cantaloube, Nouvelle revue de Paris
(1864): 603 ["Pour épurer son style et retrouver les
principes sévères de l'art épique trop oubliées
de nos jours, M. G. Moreau eut le courage d'abandonner la carrière
des succès faciles, qui ne lui auraient certes pas manqués,
et de se rendre en Italie pour étudier les maîtres,
de façon à pénétrer, sans perdre de
vue la nature, les principes des transpositions de tons et de l'idéalisation
des contours. Ambitieux d'exprimer dans la plastique les grandes
visions de l'âme avec le style qui doit en être la manifestation
grandiose, il s'éloigna des poncifs ou de la routine
de l'école pour vivre en tête à tête,
soit avec les peintres de la Renaissance, soit avec ceux du quinzième
siècle"].
47. As Moreau wrote to his parents from Rome on February 5, 1858:
"J'aurai donc, sans perdre de temps, cherché de suite
auprès des maîtres à connaître les moyens,
les ressources et les grandes lois de cet art qui est le mien sans
pour cela m'être laissé dominer et amoindrir par eux.
On me disait bien que ce danger n'était pas à craindre
pour ma nature si entière, si entêtée, comme
dit quelque fois papa chéri, et je n'avais rien à
redouter du contact des originalités si fortes et impressionnantes."
Capodieci, Correspondance d'Italie, 22829. In another
letter, he wrote: "L'esprit et l'âme s'agrandissent au
contact de ces belles productions de l'art et toute nature doit
gagner à cette fréquentation." Ibid., 326.
48. Philoxène Boyer, review of Lacroix's translation of
Sophocles' Œdipe Roi, in L'Artiste, n.s., 5,
no. 14 (December 5, 1858): 210 ["La vieillesse de M. Ingres,
couronnée par tant d'œuvres où son talent révèle
une puissance de rajeunissement singulière, est peut-être
la récompense de sons début, le prix de son courage
pour s'être, dès la première passe d'armes,
mesuré avec Œdipe, comme Œdipe avec le Sphinx"].
49. See, for example, Charles Blanc, "Du Style et de M. Ingres,"
Gazette des Beaux-Arts 14, no. 1 (January 1, 1863): 810.
50. Capodieci, Correspondance d'Italie, 551 ["Croyez-moi,
cher ami, la place est belle, elle est à prendre, si vous
vous livrez à vous-même, laissant de côté
l'analyse, pour résumer votre vigoureux tempérament,
vous devez arriver et les confondre tous en vous imposant du premier
coup. Non que je vous conseille de vous hâter, il faut que
vous marquiez votre place au salon carré avec une griffe
de lion. Certainement vous ne serez pas compris de tous …
mais tant d'autres vous soutiendront, les plus purs, les plus forts
vous acclameront. On a soif d'un talent nouveau et vrai, on le désire,
l'attend avec je ne sais quelle fièvre"].
51. Bathild Bouniol, after having criticized Moreau's characterization
of the sphinx (he felt she was not sufficiently monstrous), admitted
that "il serait injuste, cependant, de refuser à cette
toile une valeur réelle; j'y trouve des morceaux fort bien
peints, où l'on sent la griffe." Revue du
monde catholique (June 10, 1864): 4012.
52. Charles Beaurin, "Une Date dans l'histoire de l'art, Les
Salons de 1864 et de 1865," L'Artiste, 8th ser., 8,
no. 7 (April 15, 1866): 15657 ["Le drame vous arrête,
vous domine"].
53. Olivier de Jalin [Arsène Arnaud], "Exposition de
1864," Le Monde illustré, no. 374 (June 11, 1864):
380 ["Son Œdipe, avec toutes ses qualités
et ses quelques défauts, est une œuvre qui s'impose;
l'esprit s'y attache et l'œil y revient involontairement"].
54. Jules Boisse, "Salon de 1864," La Nation,
May 3, 1864 ["Il y a une réflexion immense, une force
bilieuse qui prend au cerveau et subjugue"].
55. Georges Lafenestre, Revue contemporaine (MayJune
1864): 348 ["il en sort une force qui vous saisit, vous agite,
vous tourmente"].
56. La Fizelière, L'Union des Arts, May 7, 1864 ["Au
premier abord cette composition saisit le spectateur et lui laisse
à peine, tant elle est inattendue, la faculté de se
débarrasser des liens de la surprise pour se livrer en toute
liberté à l'analyse et à la dissection de l'œuvre"].
57. Henri du Cleuziou, Gazette littéraire, artistique
et scientifique (May 21, 1864): 44 ["Il se dégage
de sa toile comme une espèce de fluide magnétique.
À force de contempler ces deux êtres qui se regardent,
on est comme épouvanté des pensées qui tourbillonnent
dans ces deux cerveaux et de la lutte étrange qui se passe
là devant vous"].
58. Théophile Gautier, "Salon de 1864," Le
Moniteur universel, May 27, 1864 ["il a voulu être
regardé, il l'a été. Les yeux du public sont
maintenant sur lui et ne le quitteront plus"].
59. Charles Perrier, Etudes sur les beaux-arts en France et
à l'Etranger (Paris: L. Hachette, 1863), 127 ["par
un signe infaillible, la domination absolue, la contrainte impérieuse
que l'artiste exerce sur l'esprit du spectateur. Quand, en présence
d'une œuvre d'art, on est forcé par la beauté
saisissante de l'œuvre de s'arrêter, d'admirer, de se
laisser entrainer à une influence secrète"].
60. In chapter 63 of Manette Salomon, for example, the Goncourt
brothers write of their painter-protagonist Coriolis's success at
the 1853 Salon with his Turkish Bath: "Il fut le nom
nouveau, le lion du Salon." Manette Salomon,
new ed. (Paris: Bibliothèque Charpentier, 1897), 215.
61. William Bürger [Théophile Thoré], L'Indépendance
belge, May 13, 1864 ["Ce sphinx ne manquera pas d'être
le lion du salon de 1864 et de la critique idéaliste et officielle"].
Other critics also identified Moreau's painting as "the lion
of the Salon." See, for example, Olivier Merson, "Salon
de 1864," L'Opinion nationale, June 13, 1864.
62. See John F. Moffitt, "An Exemplary Humanist Hybrid: Vasari's
"Fraude" with Reference to Bronzino's "Sphinx,"
Renaissance Quarterly 49, no. 2 (summer 1996): 30333.
63. Mythographic tradition posited direct geneaological ties between
Sphinx and the Chimera, some accounts having her as the offspring
of the dog Orthrus and the Chimera. See Robert Graves, The Greek
Myths, 2 vols. (New York, George Braziller, 1959), 2: 9. "Chimère"
was also a generic label for the sphinx and hybrid mythological
creatures in general.
64. Théophile Gautier, La Presse, May 5, 1852 ["M.
Gigoux a toutes les inquiétudes et les préoccupations
de la jeunesse. Il cherche, il travaille, il s'ingénie, il
essaie; il a la chimère de son art, qualité rare aujourd'hui
; quelquefois il se trompe et s'égare dans les chemins de
travers, mais c'est toujours au pourchas d'un idéal supérieur"].
65. Moreau, Écrits 2: 229 ["La divination, l'intuition
des choses appartiennent à l'artiste et au poète seuls"].
66. Ibid., 259 ["ces caractères silencieux et mystérieux"].
67. Ibid. ["gens sans cervelle"].
68. See, for instance, Etienne Arago, "Variétés.
Salon de 1866," L'Avenir national, May 16, 1866 ["comme
le sphynx de son Œdipe, les deux tableaux de M. Moreau [Orpheus
and Diomedes] attirent, magnétisent, et l'on cherche
à en deviner les secrets"].
69. Alfred Nettement, "Salon de 1864," La Semaine
des familles, no. 38 (June 11, 1864): 587 ["Il se saisit
de l'attention, il s'impose….cette toile fait réfléchir"].
70. See Allan, Gustave Moreau (18261898), 5658.
71. Dubos had written: "Au lieu de s'attacher à l'imitation
des passions, ils se sont plus à donner l'effort à
une imagination capricieuse et à forger des chimères,
dont l'allégorie mystérieuse est une énigme
plus obscure que ne le furent jamais celles du Sphinx." Réflexions
critiques sur la poésie et sur la peinture (1733; Paris:
École nationale supérieure des beaux-arts, 1993),
68. Continuing this tradition of criticism in the nineteenth century,
Gautier, for example, wrote of Hamon's Human Comedy: "[Hamon]
avait proposé l'année dernière à la
sagacité publique une énigme indéchiffrable….
Les Œdipes du feuilleton jetèrent leur langue aux chiens
devant ce sphinx encadré, qui pourtant ne les dévora
pas." "Salon de 1853," La Presse, June 25,
1853.
72. As Henry Trianon looked back on Moreau's Salon career: "Il
semble que le Sphinx,son débutait été
la note dominante et la devise de ses travaux. Chacune de ses compositions
est un rébus, un logogriphe, une énigme." "Exposition
universelle de 1878. Beaux-arts. France.Deuxième salle,"
Le Constitutionnel, May 21, 1878. This feeling was widespread.
As Eugène Montrosier wrote in 1869: "M. Gustave Moreau
continue sa peinture énigmatique…. Les yeux fixés
sur le sphinx de la fable, dont il nous a donné, lui aussi,
et après Ingres, un spécimen, il se dit que, depuis
des milliers d'années, on cherche, malgré les prodiges
d'Œdipe, à découvrir un sens nouveau à
la proposition du monstre de Cithéron, et chaque année
il nous soumet son énigme." "Salon de 1869,"
Messager des théâtres: édition hebdomadaire,
no. 36 (May 9, 1869): 2. And as Paul de Saint-Victor began his review
of Moreau's Young Man and Death in 1865: "Ce n'est pas
pour rien que M. Moreau a débuté par un Sphinx: il
y a de la charade dans tous ses tableaux." "Salon de 1865,"
La Presse, May 7, 1865.
73. Auguste Bougot, Essai sur la critique d'art : ses principes,
sa méthode, son histoire en France (Paris: Librairie
Hachette, 1877), 69.
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