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All translations by the author unless otherwise indicated.
1. See particularly Geneviève Lacambre et al., Gustave Moreau: Between Epic and Dream, exh. cat. (Chicago: Art Institute of Chicago; Paris: La Réunion des musées nationaux, 1998), and Peter Cooke, Gustave Moreau et les arts jumeaux: Peinture et littérature au dix-neuvième siècle (New York: Peter Lang, 2003).
2. See the introductory chapter of my doctoral dissertation, "Gustave Moreau (1826–1898) and the Afterlife of French History Painting" (Princeton University, 2007), especially 13–35.
3. See Peter Cooke's excellent essay, "Gustave Moreau's Oedipus and the Sphinx: Archaism, Temptation and the Nude at the Salon of 1864," The Burlington Magazine 146, no. 1218 (September 2004): 609–15. Prior to the appearance of Cooke's essay, I had developed the germ of the present argument in a seminar paper written in the fall of 2001 in Princeton for Alastair Wright, a paper which in turn led to a conference paper entitled "Confronting the Sphinx of Tradition: Gustave Moreau's Oedipus in 1864," which I presented in early 2004 at a graduate student symposium hosted by the Art & Archeology Department in Princeton and then at the Frick Collection during a graduate student symposium organized by New York University's Institute of Fine Arts.
4. Jean Rousseau, "Salon de 1864," L'Univers illustré, May 14, 1864, 307 ["Du premier coup, il passe au premier rang"].
5. Moreau had exhibited, with little critical success, in the Salons of 1852 and 1853 and the Exposition Universelle of 1855. He was accused by some of being a mere pasticheur of Delacroix and Chassériau, criticism which likely contributed to his resolve to retreat from public exhibitions and ground his practice more solidly through the study of antique and Renaissance models in Italy.
6. Amédée Cantaloube, "Salon de 1864," Nouvelle revue de Paris 2 (1864): 611 ["il est certain qu'elle a son importance …, et qu'elle vient fort à propos à un moment où, pour cause, soit de légèreté, soit d'indifférence, la peinture du style était à peu près abandonnée"].
7. Ernest Chesneau, "Salon de 1864," Le Constitutionnel, May 3, 1864 ["cette œuvre sortie tout entière du cerveau de l'artiste"].
8. Francis Aubert, "Salon de 1864," Le Pays, June 13, 1864 ["L'unité de la pensée et celle de la forme, la fusion intime des éléments spirituel et matériel"].
9. Maxime Du Camp, Le Salon de 1864 (Paris: Revue des deux mondes, 1864), 32, 35 ["voici enfin une œuvre où la pensée est égale à l'exécution"; "à idéaliser un art matériel par son essence même"].
10. Cantaloube, Nouvelle revue de Paris, (1864): 606 ["elle unit l'idée plastique à un problème moral; n'est-ce point le but le plus élevé de l'art?"]
11. Chesneau, Le Constitutionnel, ["belle académie"]. It should be recalled that Ingres' painting, executed in Rome as one of his required envois to the Academy, had as its explicit purpose the display of mastery in painting the male nude, hence Oedipus' central placement in the composition and the relegation of the sphinx to the shadows. The painting's narrative and dramatic ambitions, however, are typical of the liberties that Jacques-Louis David's students had been taking for some two decades in aspiring to elevate the exercise of the académie to the level of history painting.
12. Jean Rousseau, "Salon de 1864," Le Figaro, May 19, 1864 ["M. Moreau a compris son sujet mythologique dans toutes ses profondeurs; il a vu le symbole caché dans la fable"].
13. C. de Sault, Le Temps, May 12, 1864 ["À M. Ingres les beautés de la forme antique, à M. Moreau le sentiment poétique et l'esprit de la légende"].
14. Gustave Moreau, Écrits sur l'art, ed. Peter Cooke, 2 vols. (Fontfroide: Bibliothèque artistique & littéraire, 2002), 1:73 ["Le peintre suppose l'homme, arrivé à l'heure grave et sévère de la vie, se trouvant en présence de l'énigme éternelle. Elle le presse et l'étreint sous sa griffe terrible. Mais le voyageur, fier et tranquille dans sa force morale, la regarde sans trembler. C'est la Chimère terrestre, vile comme la matière, attractive comme elle, représentée [par] cette tête charmante de la femme, avec les ailes encore prometteuses de l'idéal et le corps du monstre, du carnassier qui déchire et anéantit"].
15. See Gilbert Lascault, Le Monstre dans l'art occidental (Paris: Klincksieck, 1973), 367–90.
16. As Chesneau asked rhetorically: "l'énigme que pose cette figure blonde, insaisissable en sa légèreté, n'est-ce pas l'énigme de la femme elle-même?" Le Constitutionnel, May 3, 1864. Citing her diadem and red coral necklace, Du Camp noted how the sphinx was armed with "toutes les coquetteries de la femme." Salon de 1864, 33. Georges Lafenestre likened her to "une courtisane coquette et cruelle," in "La Peinture et la Sculpture au Salon de 1864," Revue contemporaine, 2nd ser., 39 (May–June 1864), 348. Albert de la Fizelière described her "tête de grisette," in his "Salon de 1864," L'Union des arts, no. 21 (June 18, 1864). Paul de Saint-Victor similarly described that head as "celle d'une lorette intriguant au bal." "Salon de 1864," La Presse, May 7, 1864.
17. For an interesting discussion of Moreau's composition in relation to the ancient Greek iconography of the sexually-predatory sphinx, with which Moreau seems to have been familiar through vase painting and gems, see M. Halm Tisserant, "La sphinx amoureuse: Un schéma grec dans l'oeuvre de G. Moreau," Revue des Archéologues et des Historiens d'Art de Louvain 14 (1981): 30–70.
18. As Moreau wrote to his parents from Rome on December 26, 1857: "C'est ici la patrie du labeur et de la pensée, c'est bien entendu; aussi, pour moi, moins de monde que jamais, nous vivons comme deux cénobites et [Frédéric] de Courcy ne s'en plaint pas. La pensée, l'âme s'agrandissent, on aime mieux et plus fortement tout ce qui est beau et bon, et l'on serait certes entraîné à faire de grands sacrifices de bien-être et de jouissances matérielles sous l'impression et l'impulsion que vous donnent toutes ces grandes choses mortes qui vous entourent." See Gustave Moreau: Correspondance d'Italie, ed. Luisa Capodieci (Paris: Somogy Éditions d'Art, 2002), 159.
19. On the monastic ideal of art-making cultivated by the Nazarenes, see Mitchell Benjamin Frank, German Romantic Painting Redefined: Nazarene Tradition and the Narratives of Romanticism (Burlington, VT: Ashgate, 2001), 11–35.
20. This line of interpretation has been suggested by several Moreau scholars. See Julius Kaplan, Gustave Moreau, exh. cat. (Los Angeles: Los Angeles County Museum of Art, 1974), 22; and Cooke, "Oedipus and the Sphinx,"609–15.
21. See Cooke, "Oedipus and the Sphinx," 611–12. As P. Challemel-Lacour asked, for instance: "la figure du héros, émaciée et grêle,… la peau par cheminée, plissée comme par une vieillesse précoce, le visage macéré, ne sont-ils pas d'un jeune ascète de la Thébaïde plutôt qu'ils ne rappellent la bouillante ardeur du jeune téméraire qui, tout à l'heure, parce qu'un roi lui disputera le chemin, va le tuer et disperser son cortège?" "Le Salon de 1864," Revue germanique et française 29, no. 3 (June 1, 1864): 532.
22. La Fizelière, L'Union des arts, June 18, 1864 ["Son Œdipe n'est pas grec; il ne l'est ni par le type, ni par l'expression ascétique des traits. Je me figure qu'il a voulu personnifier ici la lutte de la raison et de la morale contre les passions humaines et l'excitation des sens"].
23. D. Laverdant, "Esprit du Salon de 1864—Contre le Sphinx et Satan, pour Jésus-Christ, la Vierge-Mère et le paradis," Le Mémorial catholique, n.s., 5 (August 1864): 308–9 ["Quelle est cette énigme de la vie que l'homme païen croit pouvoir résoudre pour son salut et a sa plus grande gloire? C'est, comme nous l'avons lu dans les anciens mythes, c'est, admirablement poétisée par le peintre, la triple concupiscence, sous figure féminine, tentatrice de l'homme. La Sphinx … rampe dans le sensualisme animal, et … participe à l'orgueil et aux illusions de Satan"].
24. In a draft of a letter to Eugène Lacheurié, written in late April 1859 in Rome, Moreau speaks of a need to attain "perfection morale" and "vertu pure" by ridding oneself "de besoins et d'appétits vulgaires." As he writes of this spiritual odyssey: "Que l'amour de l'art, que cette recherché sérieuse et élevée de chaque minute … me soutienne pour m'aider à gravir la montagne escarpée." Correspondance d'Italie, 507, 508.
25. Cooke, "Oedipus and the Sphinx," 612–13; For an overview of this temptation iconography in the nineteenth century, see Michele Haddad, "Isabey, Flaubert et la Tentation de saint Antoine dans la peinture française du XIXe siècle," Revue du Louvre et des musées de France 39, no. 4 (1989): 253–61.
26. See Cooke, "Oedipus and the Sphinx," passim.
27. Ibid. Key texts here were Alexis-François Rio's De la Poésie chrétienne dans son principe, dans sa matière et dans ses formes (Paris : Debécourt, 1836), and his subsequent De l'Art chrétien (Paris: A. Bray, 1855; rev. ed. 1861–67). For a summary of these revisionist Christian historiographies of Renaissance art in the mid-nineteenth century, see Bruno Foucart, Le renouveau de la peinture religieuse en France (1800–1860) (Paris: Arthena, 1987), 25–42.
28. Du Camp wrote, for example: "il sait que rien, si ce n'est sa propre force intellectuelle, ne peut le sauver." He likewise recognized in Moreau's treatment of the hero "tous les signes de la force morale qui se nourrit exclusivement de sa propre substance, toujours renouvelée par le travail de la pensée." Salon de 1864, 32. Laverdant likewise saw in Oedipus an "idéal de la force intellectuelle" and characterized his head as being that "d'un puissant penseur." Le Mémorial catholique (August 1864): 311. And Sault declared: "l'Œdipe de M. Moreau … a la noblesse de la race et celle de l'intelligence: il a la force de l'âme, mais non la force brutale d'Hercule." Le Temps, May 12, 1864.
29. Chesneau, Le Constitutionnel, May 3, 1864 ["Tous les détails, leur forme et leur disposition aussi bien que la combinaison générale du tableau, ont été médités, réfléchis et posés avec intention. Chaque morceau de l'œuvre, du plus petit au plus grand, a été sérieusement voulu"].
30. Du Camp, Salon de 1864, 32 ["M. Moreau n'a rien abandonné au hasard: tout ce qu'il a fait, il l'a voulu faire ainsi. Chaque partie de son tableau est raisonnée et pondérée avec un souci sérieux"].
31. Saint-Victor, La Presse, May 7, 1864 ["Tout est concerté et préméditée dans l'œuvre de M. Moreau: pas un trait inutile, pas un détail que ne marque l'empreinte de la réflexion"].
32. Jean Rousseau, L'Univers illustré, June 18, 1864, 387 ["l'œuvre d'un penseur"]. For further discussion of the eminently willed character detected by critics in Moreau's painting, see Michael Fried, Manet's Modernism or, The Face of Painting in the 1860s (Chicago and London: University of Chicago Press, 1996), 309–10.
33. As Moreau wrote to Eugène Fromentin on October 18, 1862: "Je m'occupe sérieusement depuis quinze jours de cet Œdipe. Je dois dire que devant un travail semblable, j'ai plutôt trop de défiance que de confiance en moi. J'ose à peine marcher. J'ai pris un carton grandeur d'exécution, achève le plus possible d'après nature, et pour la millionième fois de ma vie je me promets…de ne pas commencer avant que tout, jusqu'au moindre brin d'herbe, ne soit définitivement arreté." Barbara Wright & Pierre Moisy, eds., Gustave Moreau et Eugène Fromentin: Documents inédits (La Rochelle: Quartier Latin, 1972), 138.
34. In a letter to Eugène Lacheurié dated June 29, 1858, Moreau associated the artist's need to renounce the exterior pleasures of worldly life with the exacting demands of his metier: "Je crains de paraître singulier et d'attrister, sinon d'étonner un peu ces chers parents. C'est bien fini, me voilà peintre et entré jusqu'au col dans les exigences de ce métier féroce. Je vais vivre désormais et pour longtemps seul dans la réclusion la plus complète. Cet apprentissage m'aura enlevé, ou au moins endormi ces quelques derniers appétits pour le plaisir et pour le monde; c'est triste à en mourir." Capodieci, Correspondance d'Italie, 406.
35. On April 3, 1856, Moreau had written to Fromentin with regard to a mutual friend: "Toutefois, il ne me semble pas assez redouter le moment où il faudra lutter corps à corps avec une œuvre, pour que je ne craigne pas parfois qu'il ne se fasse quelqu'illusion sur l'immense difficulté de la réalisation de cette œuvre, et des procédés très importants pour cette réalisation." In Wright & Moisy, Moreau et Fromentin, 72.
36. Écrits 1: 73 ["Voyageur à l'heure sévère et mystérieuse de la vie, l'homme rencontre l'énigme éternelle qui le presse et le meurtrit. Mais l'âme (forte) et ferme défie les atteintes enivrantes et brutales de la matière et, la foulant au pied, l'homme marche confiant, l'œil sur l'idéal…. Mais ferme et plein de force, il défie, etc., etc., et l'ayant foulé aux pieds, il marche confiant vers son but, l'œil fixé vers l'idéal"].
37. Henri Dorra intimated such a reading, but did not pursue it at length or acknowledge the interesting contradictions it posed for the allegorical interpretation of the painting. See "The Guesser Guessed: Gustave Moreau's Oedipus," Gazette des Beaux-Arts, 6th per., 81, no. 1250 (March 1973): 134.
38. He wrote, for instance, to Amédée Cantaloube from Venice in November 1858: "Vous me parlez, mon cher ami, de place à prendre et de lauriers à cueillir. Merci de vos espérances et de vos vœux pour moi; mais tout ceci, je vous assure, n'est pas mon affaire. Je ne saurais plus, à l'heure qu'il est, songer à autre chose qu'à étudier sans cesse et à faire du mieux qu'il m'est possible, mais j'ai renoncé, je vous jure, à toute pensée de succès. C'est à cette condition seule que je puis m'en faire quelque chose." Capodieci, Correspondance d'Italie, 466.
39. Arsène Houssaye, L'Histoire de l'art français au dix-huitième siècle (Paris: H. Plon, 1860), 9 ["Le sentiment du Beau est un sentiment profondément humain: c'est l'aspiration vers l'infini, c'est le rêve de l'amour et de la poésie. Celui-là est indigne de l'Art qui cherche le Beau dans les livres; il ne sera jamais l'interprète de Dieu et de la nature, si, comme Œdipe au sphinx, il n'arrache à son cœur le mot de l'énigme"].
40. Alfred Nettement, Poètes et artistes contemporains (Paris: J. Lecoffre, 1862), 18 ["Il a découvert, comme un autre Oedipe, le mot de cette énigme redoutable que lui posait le Sphinx"].
41. Saint-Victor, La Presse, May 7, 1864 ["Il voyageait en Italie, cherchant sa voie, fréquentant les maîtres, interrogeant les oracles. Il nous revient aujourd'hui avec un tableau qui résume ces dix années d'initiation solitaire: Œdipe et le Sphynx"].
42. Du Camp, Salon de 1864, 28 ["Il est naturel aussi qu'un peintre amoureux ... d'art et de beauté, ne trouvant dans les exemples qu'il avait sous les yeux rien qui put le conduire au but qu'il entrevoyait, se soit retourné violemment vers les anciens maîtres et se soit penché sur les sources mêmes de la tradition plastique pour découvrir le mot de l'énigme qu'il interrogeait vainement de nos jours"].
43. Hector de Callias, "Salon de 1864," L'Artiste, 8th ser., 4, no. 10 (May 15, 1864): 219 ["Moreau s'est trouvé ... pensif sur le bord de chemin, apercevant au loin l'impériale et lumineuse cité dont tout le monde ne peut pas être citoyen. Il a su qu'avant tout, pour arriver à cet Olympe, il faut ne pas se mêler à la foule, et il a cherché les sentiers écartés de la méditation. Pour guider ses premiers pas dans cette route dangereuse, il a fait choix d'un maître." "…les austérités et les caprices des premiers maîtres italiens, qui se trouvaient, comme Oedipe et comme M. Gustave Moreau, devant l'énigme du Sphinx"].
44. P.-C. Parent, Courrier artistique (May 15, 1864): 189 ["M. Moreau, qui, après avoir brillamment imité Delacroix, a disparu dix ans pour aller déterrer Mantegna, n'a-t-il pas en effet exposé là tout entière son âme hésitante? Sont-ce point ses aspirations, ses inquiétudes, ses recherches, sa fièvre, qu'il nous a racontées? L'audacieux chercheur que nous voyons, est-ce bien Œdipe et n'est-ce point plutôt un artiste torturé par le grand problème de l'art dont il cherche la solution? Ce silence solennel, cette fatalité mélancolique qui entourent le fils de Laïus ne sont-ils pas des impressions personnelles? Le héros, en un mot, n'est-il point ici l'auteur"].
45. Chesneau, Le Constitutionnel, May 3, 1864 ["en homme et non en enfant, il a regardé les maîtres non à genoux, comme un disciple, mais face à face"].
46. Amédée Cantaloube, Nouvelle revue de Paris (1864): 603 ["Pour épurer son style et retrouver les principes sévères de l'art épique trop oubliées de nos jours, M. G. Moreau eut le courage d'abandonner la carrière des succès faciles, qui ne lui auraient certes pas manqués, et de se rendre en Italie pour étudier les maîtres, de façon à pénétrer, sans perdre de vue la nature, les principes des transpositions de tons et de l'idéalisation des contours. Ambitieux d'exprimer dans la plastique les grandes visions de l'âme avec le style qui doit en être la manifestation grandiose, il s'éloigna des poncifs ou de la routine de l'école pour vivre en tête à tête, soit avec les peintres de la Renaissance, soit avec ceux du quinzième siècle"].
47. As Moreau wrote to his parents from Rome on February 5, 1858: "J'aurai donc, sans perdre de temps, cherché de suite auprès des maîtres à connaître les moyens, les ressources et les grandes lois de cet art qui est le mien sans pour cela m'être laissé dominer et amoindrir par eux. On me disait bien que ce danger n'était pas à craindre pour ma nature si entière, si entêtée, comme dit quelque fois papa chéri, et je n'avais rien à redouter du contact des originalités si fortes et impressionnantes." Capodieci, Correspondance d'Italie, 228–29. In another letter, he wrote: "L'esprit et l'âme s'agrandissent au contact de ces belles productions de l'art et toute nature doit gagner à cette fréquentation." Ibid., 326.
48. Philoxène Boyer, review of Lacroix's translation of Sophocles' Œdipe Roi, in L'Artiste, n.s., 5, no. 14 (December 5, 1858): 210 ["La vieillesse de M. Ingres, couronnée par tant d'œuvres où son talent révèle une puissance de rajeunissement singulière, est peut-être la récompense de sons début, le prix de son courage pour s'être, dès la première passe d'armes, mesuré avec Œdipe, comme Œdipe avec le Sphinx"].
49. See, for example, Charles Blanc, "Du Style et de M. Ingres," Gazette des Beaux-Arts 14, no. 1 (January 1, 1863): 8–10.
50. Capodieci, Correspondance d'Italie, 551 ["Croyez-moi, cher ami, la place est belle, elle est à prendre, si vous vous livrez à vous-même, laissant de côté l'analyse, pour résumer votre vigoureux tempérament, vous devez arriver et les confondre tous en vous imposant du premier coup. Non que je vous conseille de vous hâter, il faut que vous marquiez votre place au salon carré avec une griffe de lion. Certainement vous ne serez pas compris de tous … mais tant d'autres vous soutiendront, les plus purs, les plus forts vous acclameront. On a soif d'un talent nouveau et vrai, on le désire, l'attend avec je ne sais quelle fièvre"].
51. Bathild Bouniol, after having criticized Moreau's characterization of the sphinx (he felt she was not sufficiently monstrous), admitted that "il serait injuste, cependant, de refuser à cette toile une valeur réelle; j'y trouve des morceaux fort bien peints, où l'on sent la griffe." Revue du monde catholique (June 10, 1864): 401–2.
52. Charles Beaurin, "Une Date dans l'histoire de l'art, Les Salons de 1864 et de 1865," L'Artiste, 8th ser., 8, no. 7 (April 15, 1866): 156–57 ["Le drame vous arrête, vous domine"].
53. Olivier de Jalin [Arsène Arnaud], "Exposition de 1864," Le Monde illustré, no. 374 (June 11, 1864): 380 ["Son Œdipe, avec toutes ses qualités et ses quelques défauts, est une œuvre qui s'impose; l'esprit s'y attache et l'œil y revient involontairement"].
54. Jules Boisse, "Salon de 1864," La Nation, May 3, 1864 ["Il y a une réflexion immense, une force bilieuse qui prend au cerveau et subjugue"].
55. Georges Lafenestre, Revue contemporaine (May–June 1864): 348 ["il en sort une force qui vous saisit, vous agite, vous tourmente"].
56. La Fizelière, L'Union des Arts, May 7, 1864 ["Au premier abord cette composition saisit le spectateur et lui laisse à peine, tant elle est inattendue, la faculté de se débarrasser des liens de la surprise pour se livrer en toute liberté à l'analyse et à la dissection de l'œuvre"].
57. Henri du Cleuziou, Gazette littéraire, artistique et scientifique (May 21, 1864): 44 ["Il se dégage de sa toile comme une espèce de fluide magnétique. À force de contempler ces deux êtres qui se regardent, on est comme épouvanté des pensées qui tourbillonnent dans ces deux cerveaux et de la lutte étrange qui se passe là devant vous"].
58. Théophile Gautier, "Salon de 1864," Le Moniteur universel, May 27, 1864 ["il a voulu être regardé, il l'a été. Les yeux du public sont maintenant sur lui et ne le quitteront plus"].
59. Charles Perrier, Etudes sur les beaux-arts en France et à l'Etranger (Paris: L. Hachette, 1863), 127 ["par un signe infaillible, la domination absolue, la contrainte impérieuse que l'artiste exerce sur l'esprit du spectateur. Quand, en présence d'une œuvre d'art, on est forcé par la beauté saisissante de l'œuvre de s'arrêter, d'admirer, de se laisser entrainer à une influence secrète"].
60. In chapter 63 of Manette Salomon, for example, the Goncourt brothers write of their painter-protagonist Coriolis's success at the 1853 Salon with his Turkish Bath: "Il fut le nom nouveau, le lion du Salon." Manette Salomon, new ed. (Paris: Bibliothèque Charpentier, 1897), 215.
61. William Bürger [Théophile Thoré], L'Indépendance belge, May 13, 1864 ["Ce sphinx ne manquera pas d'être le lion du salon de 1864 et de la critique idéaliste et officielle"]. Other critics also identified Moreau's painting as "the lion of the Salon." See, for example, Olivier Merson, "Salon de 1864," L'Opinion nationale, June 13, 1864.
62. See John F. Moffitt, "An Exemplary Humanist Hybrid: Vasari's "Fraude" with Reference to Bronzino's "Sphinx," Renaissance Quarterly 49, no. 2 (summer 1996): 303–33.
63. Mythographic tradition posited direct geneaological ties between Sphinx and the Chimera, some accounts having her as the offspring of the dog Orthrus and the Chimera. See Robert Graves, The Greek Myths, 2 vols. (New York, George Braziller, 1959), 2: 9. "Chimère" was also a generic label for the sphinx and hybrid mythological creatures in general.
64. Théophile Gautier, La Presse, May 5, 1852 ["M. Gigoux a toutes les inquiétudes et les préoccupations de la jeunesse. Il cherche, il travaille, il s'ingénie, il essaie; il a la chimère de son art, qualité rare aujourd'hui ; quelquefois il se trompe et s'égare dans les chemins de travers, mais c'est toujours au pourchas d'un idéal supérieur"]. 65. Moreau, Écrits 2: 229 ["La divination, l'intuition des choses appartiennent à l'artiste et au poète seuls"].
66. Ibid., 259 ["ces caractères silencieux et mystérieux"].
67. Ibid. ["gens sans cervelle"].
68. See, for instance, Etienne Arago, "Variétés. Salon de 1866," L'Avenir national, May 16, 1866 ["comme le sphynx de son Œdipe, les deux tableaux de M. Moreau [Orpheus and Diomedes] attirent, magnétisent, et l'on cherche à en deviner les secrets"].
69. Alfred Nettement, "Salon de 1864," La Semaine des familles, no. 38 (June 11, 1864): 587 ["Il se saisit de l'attention, il s'impose….cette toile fait réfléchir"].
70. See Allan, Gustave Moreau (1826–1898), 56–58.
71. Dubos had written: "Au lieu de s'attacher à l'imitation des passions, ils se sont plus à donner l'effort à une imagination capricieuse et à forger des chimères, dont l'allégorie mystérieuse est une énigme plus obscure que ne le furent jamais celles du Sphinx." Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture (1733; Paris: École nationale supérieure des beaux-arts, 1993), 68. Continuing this tradition of criticism in the nineteenth century, Gautier, for example, wrote of Hamon's Human Comedy: "[Hamon] avait proposé l'année dernière à la sagacité publique une énigme indéchiffrable…. Les Œdipes du feuilleton jetèrent leur langue aux chiens devant ce sphinx encadré, qui pourtant ne les dévora pas." "Salon de 1853," La Presse, June 25, 1853.
72. As Henry Trianon looked back on Moreau's Salon career: "Il semble que le Sphinx,—son début—ait été la note dominante et la devise de ses travaux. Chacune de ses compositions est un rébus, un logogriphe, une énigme." "Exposition universelle de 1878. Beaux-arts. France.–Deuxième salle," Le Constitutionnel, May 21, 1878. This feeling was widespread. As Eugène Montrosier wrote in 1869: "M. Gustave Moreau continue sa peinture énigmatique…. Les yeux fixés sur le sphinx de la fable, dont il nous a donné, lui aussi, et après Ingres, un spécimen, il se dit que, depuis des milliers d'années, on cherche, malgré les prodiges d'Œdipe, à découvrir un sens nouveau à la proposition du monstre de Cithéron, et chaque année il nous soumet son énigme." "Salon de 1869," Messager des théâtres: édition hebdomadaire, no. 36 (May 9, 1869): 2. And as Paul de Saint-Victor began his review of Moreau's Young Man and Death in 1865: "Ce n'est pas pour rien que M. Moreau a débuté par un Sphinx: il y a de la charade dans tous ses tableaux." "Salon de 1865," La Presse, May 7, 1865.
73. Auguste Bougot, Essai sur la critique d'art : ses principes, sa méthode, son histoire en France (Paris: Librairie Hachette, 1877), 69.
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